À propos de l'œuvre...

Cairn

Ma démarche a été, comme souvent, très libre et fonctionnant par association d'idées. J'ai reçu un texte, et un dessin. Le dessin exprimait beaucoup de difficultés, le désespoir, le déséquilibre. A contrepied, il m'a amenée vers "l'espoir" de Bernard Lavilliers (et si l'espoir revenait, tu n'me croiras jamais) dont je cite l'accompagnement au marimba à la fin du morceau.
J'ai retenu du texte l'idée d'empilements et d'objets, ce qui m'a donné envie d'enregistrer différentes matières : cailloux, tapis, tissus... je n'ai ensuite gardé que les cailloux car les autres sons ne me satisfaisaient pas. Pour rester dans des matières organiques, j'ai choisi parmi mes instruments un argilophone non tempéré et le marimba. Le titre du texte Montjoie m'a emmené, par association d'idée, aux Cairns, ces empilements de pierre que l'on trouve au bord des chemins de randonnée. Une phrase explicative de Véronique m'a beaucoup parlé : "Notre insatiable - quoique parfois inavouée - soif de lien, de sens. " oui, notre cerveau invente des sens, crée des liens. C'est le cas du randonneur qui va suivre des Cairns et se perdre car ceux-ci ne balisaient pas le chemin, et c'est le cas aussi dans l'audio que j'ai réalisé, créant un lien entre un texte et un dessin, mêlant sons et rythmes des cailloux, à la mélodie de l'argilophone, puis un accompagnement au marimba. Chacun.e pourra ainsi se raconter sa propre histoire.

Amélie Chambinaud

Nîmes (France)