Création sans chaîne

L’évasion ;
une création ?

la création ;
une chaîne ?

la création s’enchaine depuis toujours, c’est sûr.
la création sans chaîne parfois.
la création avec aussi.

la chaîne est un ensemble, composée d’individus, elle les
rassemble,
sans ses maillons la chaîne n’est pas,
les individus de la chaine, eux, trouvent le sens dans un
collectif linéaire,
Une course de relais,
il faut tenir.

la chaîne se tend et les individus ne cèdent pas ;
un maillon cède et la chaîne s’écroule.
Quelle responsabilité.

je cède à la création, en tant que maillon de la chaîne,
pour faire partie de cette chaine qui, sans ma création,
ne s’enchainerait,
suis-je moi-même une création pour me permettre une
telle audace ?
certainement, comme chacun de ces maillons,
tel le chêne sans chaine,
je pousse.

ce confinement ne nous ressemble pas, et pourtant il
nous rappelle ce qui est important, familier et quotidien;
se confiner sous les draps n’apporte pas les
mêmes perspectives.
la confiture s’étale comme le temps,
l’amour lui se révèle à nous en évidence,
c’est une douce danse.

il nous manque ces moments où l’on jouit
d’un droit à rester chez soi,
à ne voir personne, à s’occuper de soi.
le confins de notre chambre porte le goût de ma solitude,
qui sommes nous vraiment l’un pour l’autre ?
le conflit, nous naissons et mourrons seul, ça c’est sûr ?
le couffin me tend, c’est ma création pourtant.

ce con, in fine, n’aura pas eu temps de jouir de ses
espaces de liberté,
ce continuum, nous prive des libertés que nous avions
oubliées de goûter,
cela va t-il changer ?
Y aura t’il un avant et un après ?

le temps ralenti et s’accélère à la fois,
c’est simultanément le moment d’avant et
d’après t’avoir embrassé.
les journées se ressemblent et se rassemblent en ensemble
de jours cohérents.
le goût simples des choses familières, reprend jour à jour
ses saveurs,
pourtant nous sommes des sauveurs sauvés.
sauvé de nous même de nos vies trop rempli,
sauvé de notre boulimie asphyxiante qui tue le monde et
nos avenirs.
c’est délicieux, on ne sais s’arrêter.
Redémarrage forcé.

les idées et les mots s’enchaînent et rien ne m’assure de
trouver la faim de ma fin.
ou la fin à ma faim, peut importe.
j’écris en amateur à la recherche de quelques bonnes
heures la veille du changement d’heure.
En retard.
Le bonheur est là juste sous un tas de névroses, il fallait
ranger sa chambre intérieure à l’heure.
Encore en retard.
Les heures sont bien là, elle passent.
moi je suis las et je cherche à tâtons des idées sur la vie,
la mienne, la tienne, la notre.
Toujours en retard.

Le bonheur c’est pourtant si simple,
suffit d’être conscience du bon dans l’heure.
méditons sur l’instant présent.

Merci d’avoir suivi mes pérégrinations de confiné,
Merci de m’avoir lu. cas.

28 mars 2020
12ème jour de confinement

Lucas Linares

Nîmes (France)
« Pour écrire, je me suis lancé dans l'écriture sans idée précise après avoir vu un dessin qui invitait à s’évader dans un champs. Durant quelques minutes, je me suis laissé toutes les libertés. Puis la relecture, le contrôle, a apporté la rigueur nécessaire pour pouvoir vous partager cette composition qui évoque certaines difficultés du confinement. »