Partir ou mourir

Après la première claque, elle aurait bien pris ses clics et ses clacs mais après les autres, l'amnésie.
Ravalée sa peur de rentrer, de rester, ou de partir.
Ravalée sa honte d'être ce qu'elle est auprès de lui, d'être ce qu'elle est car il est lui.
Ravalée la liberté de vivre sa couleur, son humeur, sa rancœur.
Devant le miroir, les larmes glissent sur la froideur de son âme vide. Plus de corps.
Dans son oreille, le passé lui crie ses aspirations aspirées par l'oubli. Plus d'ouïe.
Elle n'est plus, elle devient lui, elle se vomit.
Il est l'heure de mentir. L'heure de cacher l'horreur à subir.
Qu'y-a-t'il de plus sournois : la couleur des coups? Ou son faux sourire?
Se débattre n'est plus une porte de sortie. Tapis d'elle-même, elle désire le silence éternel d’une dernière nuit. Celle qu'il aura choisie.
Elle reste. Pour un jour mourir. Car risquer l'ailleurs c'est peut-être revenir.

Mélanie Cullin

Montréal (Québec - Canada)