Temps donné

Ce temps qu’on ne connaît plus. Qu’en faire ?
Il est là, disponible, presque à profusion et c’est un vide qui semble s’installer. Comme si cette quête du temps, une fois assouvie, nous happait pour nous appeler à la combler.
Et la frénésie est juste de l’autre côté de la porte, elle nous guette. Par où va-t-elle commencer ? Que va-t-elle entamer, encore ? Elle se disperse comme une abeille un peu ivre qui butine lors des premiers jours de printemps.
Retrouver la possibilité de faire, avec, en miroir disponible, la possibilité de ne rien faire. Même à ce moment la distorsion opère. Pour quoi faire ?
Être dans ce temps, sans finitude palpable à un goût de vertige. On plonge, on rejoint ses angoisses. Elles viennent nous faire des pieds de nez un peu plus ouvertement. Dans ce temps qui s’est arrêté, elles sont là, palpables, leurs contours se dessinent. Là où il y avait des ombres fugaces mises sur le dos du temps que l’on n’a pas et de la course à la manivelle, elles sont là patientes et fidèles. Elles nous attendent comme un chat sur un canapé, tranquille.
Et nous nous agitons, nous nous débattons. Il faut se sentir utile sans trop se tourner vers soi, pour ne pas plonger. Ne pas regarder au fond du puis par crainte de perdre pied.

Et s’il n’y avait rien. Rien d’autre à vivre que de vivre. De sentir cette vie qui nous traverse pour nous malmener et nous ensoleiller. Rien. Rien d’autre que cette abeille qui goûte un nouveau printemps.
À propos de l'œuvre...
Il était un peu tard et ma tête était pleine de toute les ambivalences créées par ces premiers jours de confinement. Ces quelques lignes sont venues puiser ce que j'avais sur le coeur, prêt à déborder.

Julie

Seyre (France)
« Il était un peu tard et ma tête était pleine de toute les ambivalences créées par ces premiers jours de confinement. Ces quelques lignes sont venues puiser ce que j'avais sur le coeur, prêt à déborder. »